André Ouliac, syndicaliste enseignant

mardi 17 novembre 2009
popularité : 3%

Article paru dans l’édition du 17.11.09 du Monde

Il avait joué un rôle important dans le syndicalisme enseignant. André Ouliac est mort, à l’âge de 88 ans, le 29 octobre, à Narbonne (Aude). En 1964, son engagement militant conduisit cet instituteur rural à « monter » à Paris pour siéger au secrétariat national du Syndicat national des instituteurs (SNI). Élu secrétaire général du SNI le 15 mai 1969, il conserva ces fonctions jusqu’à son départ en retraite, en février 1976. Ceux qui l’ont côtoyé gardent de lui le souvenir d’un véritable soldat de l’école à l’accent rocailleux, d’un tribun de talent capable de soulever l’enthousiasme d’un congrès, mais aussi d’un dirigeant doté d’une pensée extrêmement claire et d’un homme droit, loyal, toujours très correct.

Né le 20 mai 1921 à Castelnaudary (Aude), d’un père quincaillier et d’une mère couturière, André Ouliac entre en 1938 à l’école normale d’instituteurs de Carcassonne dont il sort premier en 1941. C’est en 1945 qu’il adhère au SNI, avant d’en devenir responsable départemental de l’Aude dans les années 1950. Lorsqu’il accède à sa tête, le SNI-PEGC (après intégration des professeurs d’enseignement général de collège) est une importante organisation qui regroupe environ 320 000 adhérents et constitue alors le fer de lance de la puissante Fédération de l’éducation nationale (FEN). Après la scission de 1992, celle-ci éclatera entre la FSU et l’UNSA-Éducation, et le SNI deviendra le SE-UNSA (syndicat des enseignants).

Sur le plan revendicatif, André Ouliac mène notamment une longue bataille pour faire baisser les effectifs des classes de maternelle, qui pouvaient alors compter jusqu’à cinquante élèves. Durant son mandat, il prend part à l’élaboration par le syndicat de la doctrine de « l’école fondamentale », qui visait à la création d’un corps unique d’enseignants de l’école primaire au collège. Membre de la tendance « Unité, indépendance et démocratie » (UID), majoritaire dans la FEN et proche du Parti socialiste, il se heurte, au sein de son syndicat, aux tendances communiste et d’extrême gauche. Soucieux de l’indépendance syndicale par rapport aux partis politiques, il refuse le soutien du SNI au programme commun de gouvernement élaboré par les partis de gauche en 1972. Il ne se réclamait pas moins, au nom du syndicat, du réformisme révolutionnaire.

Président en 1975 du Comité national d’action laïque (CNAL), il considérait la laïcité comme un « principe intangible ». Mais son intransigeance ne fit pourtant pas de lui un « faucon » de la guerre scolaire. Après sa retraite, André Ouliac se consacrera, de 1977 à 1987, à la cause des enfants en tant que directeur général du Comité français pour l’Unicef.

Luc Cédelle


Commentaires

Sites favoris


8 sites référencés dans ce secteur

Brèves

23 janvier 2016 - Décès de Jean Têtard

Jean Têtard, ancien secrétaire général du Syndicat national de inspecteurs départementaux de (...)

20 juin 2012 - Revue Dissidences, numéro 10

Le revue Dissidences consacre un numéro à l’historien Pierre Broué, sous le titre : Pierre Broué, (...)

26 janvier 2012 - Décès de Robert Micheau (1931-2012)

C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris le décès de Robert Micheau, le 22 janvier (...)

19 décembre 2011 - Décès de Michel Fanara

L’épouse de Michel FANARA , Anna, ancienne secrétaire du SNETAA a eu le douloureux devoir de faire (...)

1er juin 2011 - "Chicago, le moment 68. Territoires de la contestation étudiante et répression politique".

"Chicago, le moment 68. Territoires de la contestation étudiante et répression politique". (...)