Décès d’André Dubus

lundi 30 juin 2008
par Alain Dalançon
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André DUBUS, secrétaire du S2 du Nord de 1961 à 1970 puis secrétaire académique du S3 de Lille de 1973 à 1981, dirigeant national du SNES est décédé à la fin du mois de juin 2008. Il était un des membres fondateur de notre Institut. Nous reproduisons ci-dessous sa biographie telle qu’elle paraîtra dans le Tome 4 du nouveau Maîtron qui sortira en septembre prochain.

Né le 18 juin 1924 à Nomain (Nord), marié, trois enfants ; professeur ; militant du Syndicat national de l’enseignement secondaire puis du SNES (classique, moderne et technique) ; secrétaire départemental du Nord (1961-1970), secrétaire adjoint puis général (1970-1981) de la section académique de Lille, membre titulaire de la commission administrative nationale (liste B) en 1950, puis courant Unité et action (1966-1983) et du bureau national (1967-1973) puis suppléant (1973-1981).

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Fils d’un représentant de commerce et d’une institutrice d’opinions politiques de gauche sans appartenir à un parti, André Dubus reçut avec son frère et sa sœur une éducation laïque. Après l’école communale à Nomain, il entra au cours complémentaire d’Orchies (Nord) en 1936 et fut reçu au concours d’entrée à l’École normale d’instituteurs en 1940. Suivant les dispositions de la loi du 18 septembre 1940 supprimant les ENI, il entra comme boursier en classe de seconde B au lycée de Douai (Nord) puis obtint son baccalauréat scientifique en 1943. Il fut ensuite élève dans une classe préparatoire à l’Ecole normale supérieure de Saint-Cloud au lycée Faidherbe de Lille puis poursuivit des études supérieures à la faculté des sciences de Lille où il obtint une licence de sciences physiques en 1950.

Dubus termina ses études tout en étant maître d’internat au lycée Faidherbe de 1947 à 1950 et commença alors à militer au SNES. Elu commissaire paritaire académique aux premières élections de 1948, en compagnie de Jean-Marie Brunel*, il siégea dès cette époque à la CA de la section académique (alors S2) de Lille, dont il allait rester membre jusqu’en 1984. Partisan du maintien du SNES à la CGT en 1948, il figura sur la liste des « cégétistes » aux élections à la CA nationale de 1949 et y fut élu suppléant en 1950. Cette même année, Dubus épousa le 11 avril Andrée Albagnac, devenue professeur de mathématiques, avec laquelle il eut un garçon et deux filles.

Après avoir été adjoint d’enseignement de 1950 à 1954, Dubus fut reçu au certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement de second degré de sciences physiques en 1954. Professeur certifié successivement en poste au lycée de Bruay-en-Artois (Pas-de-Calais) de 1954 à 1958 puis au lycée P. Hazard d’Armentières (Nord) en 1958-1961, il fut muté à la rentrée scolaire 1961 au lycée Pasteur de Lille, où il prit sa retraite en 1984. Tout au long de ces trois décennies, Dubus s’affirma comme un militant de premier plan dans la section académique du SNES de Lille, travaillant en étroite collaboration avec les secrétaires généraux du S3, Marie-Joseph Moeglin*, Fernand Matton*, Cyprien Bocquet*, en étant secrétaire de la section départementale (S2) du Nord (1961-1970), secrétaire académique adjoint (1970-1973), avant de devenir secrétaire général du S3 de 1973 à 1981, succédant à chaque fois à Cyprien Bocquet, avec lequel il entretint une longue amitié. Cette règle de l’association progressive à la direction de militant(e)s plus jeunes, il l’appliqua lui-même à la tête du S3, en associant au secrétariat général des femmes dès 1973, Nicole Hurbain au titre de l’ex-SNET et Liliane Denis* au titre de l’ex-SNES, cette dernière devenant co-secrétaire générale en 1978.

L’esprit unitaire qui régnait dans le S3 permit la constitution d’une liste d’« Union pour la gestion du S3 de Lille », sans référence à des appartenances à des tendances ou courants nationaux, qui fut soumise au vote des syndiqués en 1967, lors des premières élections académiques sur listes, rendues nécessaires par l’application des statuts du nouveau SNES (classique, moderne et technique). Cette liste l’emporta très largement sur sa concurrente autonome conduite par Fallas* et Le Borzec* lors de ce scrutin et de tous ceux qui suivirent, faisant ainsi du S3 de Lille un cas particulier dont la tradition durait toujours au début du XXIe siècle. Cette entente reposait sur une conception partagée de la fonction principale du syndicalisme : défendre les intérêts matériels et moraux des personnels du service public d’enseignement laïque. Dubus s’illustra dans ce militantisme corporatif, d’abord en tant que responsable chargé des affaires personnelles des non-titulaires dans le bureau académique : à ce titre il fut un des principaux négociateurs de la mise en place, à la fin des années 1960, d’un groupe de travail paritaire au niveau rectoral pour les nominations des maîtres auxiliaires suivant un barème, exemple qui fit école dans de nombreuses autres académies. Il fut aussi élu du personnel, commissaire paritaire académique des différentes catégories auxquelles il appartint et commissaire paritaire national des certifiés de 1965 à 1979.

Après avoir été candidat et élu sur la liste B aux élections à la CA nationale en tant que MI, Dubus fut candidat en tant qu’AE puis certifié à partir de 1959 et fut élu en 1966 ; il allait désormais rester membre de cette CA jusqu’en 1983. En 1967, quand Unité et Action devint majoritaire aux élections à la CA nationale du nouveau SNES (classique, moderne et technique), il fut élu titulaire du bureau national, chargé dans l’exécutif national d’un groupe de travail permanent « éducation et surveillance », responsabilité qu’il conserva en 1969. A ce titre, il fut un des négociateurs du syndicat dans les commissions concernant la vie des établissements dans la période post-68 et fut à plusieurs reprises co-rapporteur dans les congrès nationaux des années 1970.

Lors de son discours d’ouverture au congrès national du SNES tenu au Touquet en 1975, Dubus rappela comment s’était construit le syndicalisme enseignant à partir de la défense corporative des personnels, du combat laïque et de la solidarité avec les luttes du monde ouvrier, autant de références qui résumaient bien tout son engagement.

Bien que résolument à gauche, Dubus n’adhéra pas à un parti politique.

Dubus marqua de sa personnalité la vie syndicale dans l’académie de Lille et fit entendre avec beaucoup de ténacité et de rigueur le point de vue d’un des plus importants S3 (il comptait plus de 6 000 syndiqués au début des années 1970, soit environ 7% des adhérents du SNES) dans la direction nationale du syndicat.

Sources :

Archives de l’IRHSES (publications syndicales et archives du S3 de Lille).

Témoignages, interview collective des anciens responsables du S3, le 1er juin 2005. - renseignements fournis par l’intéressé.


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