Décès d’André Dufour (1913-2008)

mercredi 5 novembre 2008
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André s’est éteint à l’âge de 95 ans, le 5 novembre dernier. Fils d’instituteur devenu directeur d’ENI, il faisait partie de cette génération qui avait commencé à militer au lendemain de la tentative du coup d’Etat du 6 février 1934. Cette année-là, il prit sa première carte au Parti communiste. En 1935-1936, il fut de toutes les manifestations du Rassemblement populaire. Alors qu’il était instituteur suppléant éventuel à Jean-Baptiste Say à Paris et militait au Syndicat national des EPS, il joua un rôle déterminant dans la bataille syndicale pour obtenir en 1938, du ministre Jean Zay, le statut des surveillants d’externat et la rémunération des vacances aux auxiliaires.

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André Dufour lors d’une intervention au congrès académique du S3 de Poitiers en 1995, comme responsable académique des retraités.

Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier dans la poche de Dunkerque et s’évada trois fois de son Oflag, sans succès. Il fut rapatrié en France en 1943, en se faisant passer pour infirmier. Reçu à l’agrégation d’histoire en 1945, il fut successivement nommé au lycée Fontanes de Niort, puis au lycée Henri IV de Poitiers où il occupait la chaire de la « Corniche ». Dufour commença à militer au SNES dès la Libération et ne tarda pas à être un des plus importants militants du grand S3 de Poitiers, couvrant 8 départements, dirigé par Guy Tessier, un des principaux militants de liste B non-cégétiste. Quand la nouvelle académie de Poitiers fut créée en 1961, Dufour devint tout naturellement le secrétaire du S3, un des tout premiers en France de la liste B (avec Antonini, Bocquet, Romeu, Petite). En 1965, il s’opposa à l’arrêt de la grève administrative et sa motion fut repoussée d’extrême justesse au congrès, contre le souhait, à la fois des Autonomes et d’Alaphilippe et Drubay, mais le référendum auprès des syndiqués lui donna raison. L’action fut néanmoins interrompue et reconvertie.

En 1969, Dufour passa au centre de formation des PEGC de Poitiers. Il revint au SNES au moment de sa retraite et fut de nombreuses années le responsable académique des retraités.

Il fut aussi un militant de la paix, notamment à l’ARAC et au Mouvement de la Paix et quitta le PCF en 1979 quand G. Marchais justifia l’intervention soviétique en Afghanistan.


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