La FEN et les origines du centre Henri Aigueperse

mercredi 29 avril 2020
par Dalancon
popularité : 9%

Le 25 novembre 2015, Guy Putfin rappela les origines du Centre Aigueperse lors d’un hommage à Henri Aigueperse, organisé par Le Pôle international de Ressources de Limoges et du Limousin pour l’histoire du monde du travail et de l’économie sociale, au Conseil départemental de la Haute-Vienne à Limoges. Ce témoignage est en même temps une étude très précise qui pourra faire référence. Elle permet de suivre l’histoire de ce centre de recherches et de formation à l’époque de la FEN, avant la scission. C’est une part importante de l’histoire du syndicalisme enseignant.

JPEG - 9.7 ko JPEG - 16.3 ko JPEG - 98.5 ko JPEG - 412.9 ko Dans les années 70, sous la direction du secrétaire général de la FEN, André Henry, les activités de formation économiques et sociales, de formation syndicale, d’archives et de documentation, et d’histoire sociale sont progressivement développées dans la Fédération. On y retrouve régulièrement Henri Aigueperse.

voir sa notice dans le Maitron : https://maitron.fr/spip.php?article9744

Il se trouve aussi que j’ai vécu cette période et croisé Henri Aigueperse. Aussi, ma présentation prendra parfois un tour un peu personnel, mais je pense que cela a aussi sa place dans cette évocation.

Le CRES, Centre de recherches économiques sociales et syndicales, a été créé sous forme de société civile, déclarée le 30 octobre 1973. Une convention FEN-CRES permet la création d’une publication mensuelle pour servir d’outil de formation militante. Henri Aigueperse, Charles Martial, et Robert Chéramy dirigent le CRES.

Le Centre de Formation de la FEN, CREF-FEN, Centre de recherche, d’éducation et de formation mutualiste et sociale est agréé en 1972. Suite à un accord MGEN-FEN, le château de La Verrière (Yvelines) devient le centre de formation agréé de la FEN. Robert Chéramy et Guy Delage en sont les responsables. Le premier stage de formation de la FEN avait eu lieu en mai 1971 à la Verrière. J’avais participé à ce stage.

La reconnaissance de la FEN en juin 1975, est officialisée ensuite par lettre du Premier ministre, Jacques Chirac, du 25 août 1976. La FEN devient alors une organisation syndicale représentative. Cela lui permet d’obtenir des crédits pour la formation syndicale (l’éducation ouvrière) et va permettre de donner un nouvel essor au centre de formation.

En juin 1976 est créé le Centre fédéral de formation de la FEN. Guy Delage, puis Claude Vieira en sont les responsables. Pour "encadrer" les stages de formation, la FEN va former progressivement une équipe de militants pour être animateurs du Centre fédéral. Je fus le premier à exercer cette fonction.

En 1978, est créé le Centre fédéral de documentation, dirigé par Philippe Demeulenaere. C’est précisément au moment du déménagement de la FEN de la Maison des Fonctionnaires du 10 rue de Solférino pour l’immeuble acheté au 48 rue Labruyère (Paris 9°).

En mars 1977, la FEN était entrée en contact avec le Centre d’histoire du syndicalisme (CHS) de l’Université de Paris 1, qui avait été fondé par Jean Maitron. Le Centre changea ses statuts l’année suivante pour devenir le Centre de Recherche d’Histoire des Mouvements Sociaux et du Syndicalisme (CRHMSS) et fit entrer dans son conseil d’administration des représentants des organisations syndicales. Le 31 mai 1978 la FEN, représentée par Guy Delage, participe au premier conseil d’administration du CRHMSS de l’Université de Paris 1.

voir la notice de G. Delage dansle Maitron : https://maitron.fr/spip.php?article21907

La FEN s’est alors dotée avec Guy Delage, d’un responsable pour l’histoire sociale. Il s’entoure d’un petit groupe de militants, dont je fais partie.

En mai 1980, le Bureau fédéral décide d’une collaboration avec le CRHMSS sur l’histoire du syndicalisme enseignant. Cela se traduit par la mise en place d’un groupe de recherche conjoint FEN et CRHMSS qui organise chaque année un séminaire où alternent la présentation de travaux universitaires et des témoignages de syndicalistes, dont plusieurs seront présentés par Henri Aigueperse et Charles Martial.

La première séance a lieu au CRHMSS le 18 mars 1981. Il me revient de présenter le premier exposé au groupe sur "Les origines de la Fédération Générale de l’Enseignement (1919-1929)". Il s’agit d’une étude que j’avais réalisée quelques années plus tôt et qui avait été publiée en décembre 1979 dans le numéro 63 des dossiers du CRES et que je reprendrais ensuite pour sa publication dans les Cahiers du Centre fédéral (n°6 de juin 1993).

C’est précisément Henri Aigueperse, à qui j’avais envoyé mon texte dactylographié, qui l’a fait publier dans les Cahiers du CRES. Il m’avait écrit à ce sujet en juillet 1979 : “La période de l’histoire du syndicalisme enseignant que tu as étudiée est en effet mal connue ; faute de rechercher les documents indispensables, nous nous étions contentés, jusque là, d’en faire des récits plus ou moins approximatifs. La masse des textes que tu as pu consulter, la précision des références, donnent à ton étude, qui par ailleurs est très clairement rédigée, un caractère sérieux et la rend précieuse pour tous ceux qui s’intéressent à notre mouvement, à sa genèse et à son évolution. Je suis certain que les responsables actuels de la F.E.N et du S.N.I. P.E.G.C. l’apprécieront. Personnellement je serais heureux d’en parler plus longuement avec toi ...”

André Henry avait préparé un projet de regroupement des activités de formation, de recherche, de documentation, d’archives et d’histoire, mais il n’a pas pu le mener à terme. En mai 1981, il devient ministre du Temps libre.

En octobre 1981, un stage spécial sur l’histoire du syndicalisme est organisé à la Verrière. Les intervenants sont Madeleine Rebérioux, Antoine Prost, Henri Aigueperse, et le nouveau secrétaire général, Jacques Pommatau.

En novembre 1983, le bureau fédéral décide la mise en place d’un groupe de travail fédéral sur l’histoire du syndicalisme enseignant. La présidence en est confiée à Henri Aigueperse, avec comme vice-présidents Charles Martial et Robert Chéramy. Le groupe, composé de représentants des différents courants de pensée de la FEN, se réunit pour la première fois le 16 février 1984. Il rédige un questionnaire aux syndicats nationaux sur leur histoire.

Enfin, le 15 janvier 1986, le projet initial aboutit. Le Centre d’Histoire sociale, de Recherches, de Formation et de Documentation de la FEN (CHSRFD-FEN) est créé, sous forme d’association (JO des associations du 12 mars 1986). Il est appelé couramment "Le Centre Fédéral". Le Centre comprend depuis l’origine des membres actifs (la Fédération et ses composantes, syndicats et sections territoriales) et des membres actifs associés (personnes morales : associations, mutuelles ...). Les deux catégories sont représentées au conseil d’administration. Le premier bureau comprenait : Jacques Pommatau (secrétaire général de la FEN), président ; René Moujart (membre de l’équipe de la trésorerie fédérale), trésorier ; Louis Astre, secrétaire général, Les quatre responsables des « départements d’activité » sont Guy Delage (Histoire sociale), Yannick Simbron (Recherches), Francis Carrié (Formation), Philippe Demeulenaere (Documentation).

Sur la proposition de Guy Delage, le 16 juin 1988, l’exécutif fédéral national décide de créer un prix d’histoire sociale, en hommage à Jean Maitron, décédé le 16 novembre 1987. L’organisation du prix est confié au CRHMSS. Le jury est composé pour moitié d’universitaires et pour moitié de syndicalistes de la FEN. La présidence est assurée par Antoine Prost.

En juin 1990, l’exécutif fédéral me confie la responsabilité du département d’Histoire sociale, que je vais codiriger avec Guy Delage de septembre à décembre 1990, avant son départ à la retraite. L’exécutif me charge également de la direction du département Archives et Documentation, suite au départ de Jean-Claude Hombert.

J’élabore avec Jacques Girault, à l’époque maître de conférences et ancien directeur du CRHMSS un projet de recherches FEN / IRES (Institut de recherches économiques et sociales) sur : "les enseignants dans la société et le syndicalisme français. Regards et jalons pour l’histoire". Ce projet de recherche est adopté par l’exécutif fédéral du 27 mai 1991.

Ajoutons que le département d’histoire collabore, depuis le début, au Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, le Maitron, et surtout pour la série de biographies de la période 1940-1968, dont le tome 11 vient de sortir. Et c’est Jacques Girault qui est le responsable du corpus enseignants du Maitron.

Lors de l’assemblée générale des 16 et17 décembre 1997, le Centre fédéral prend le nom de Centre Henri-Aigueperse. Le 14 juin 2000, il devient le Centre Henri-Aigueperse de l’UNSA Éducation, à la suite du changement d’appellation de la Fédération intervenu au congrès de Pau de décembre 2000.

Le Centre fédéral a publié, de 1992 à 2003 une revue : Les Cahiers du Centre fédéral, consacrée principalement aux résultats des recherches, aux témoignages et travaux historiques. Depuis le n° 22 de janvier 1998, la revue s’intitule "Cahiers du Centre Henri Aigueperse". Á partir de 2004, et du n°39, SUDEL devient la maison d’édition du Centre fédéral avec une collection spécifique intitulée "Les cahiers du Centre fédéral. Centre Henri Aigueperse", jusqu’à ce que SUDEL cesse son activité d’édition fin 2011.

Puis le Centre Henri Aigueperse (CHA) a eu un site internet, hébergé sur celui de l’UNSA éducation, avant d’avoir désormais un site internet spécifique sur lequel on peut suivre ses activités, et y trouver, notamment, un certain nombre de documents de références et des biographies de militants décédés. http://cha.unsa-education.com/

Je voudrais, pour conclure, rappeler les interventions d’Henri Aigueperse devant le groupe de travail sur l’histoire du syndicalisme enseignant FEN/ CRHMSS. Le 26 Janvier 1983 : La naissance de la MGEN et le rôle du syndicalisme enseignant. Le 24 Octobre 1984 : avec Charles MARTIAL, Sur Georges Lapierre. Le 27 Novembre 1986 : Le SNI et la FEN de la Libération au début des années 1950 (La scission et le choix de l’autonomie). Le 25 Mai 1988 : Deux importantes réalisation du SNI : 1929 l’École libératrice, 1932 la maison d’éditions SUDEL.

De plus, Henri Aigueperse a été interviewé sur sa vie et son parcours militant par Guy Delage et Charles Martial, le 30 juin 1988.

Après son décès, le SNI-PEGC lui a rendu hommage et retracé son itinéraire en mai 1990 (film de 8 minutes) Deux émissions de France Culture "profils perdus" ont été consacrées à Henri Aigueperse les 31 mai, 7 juin 1990.

Les textes des interventions d’Henri Aigueperse, ainsi que les documents annexes qu’il avait fournis, sont conservés à l’UNSA éducation. Toutes ces interventions ont été enregistrées et filmées. Il en existe un exemplaire (cassettes audio et cassettes vidéo VHS) à l’UNSA éducation. On les trouve également dans les archives de la FEN qui ont été déposées puis données aux Archives nationales du monde du travail (ANMT) à Roubaix, sous forme de cassettes audio, et de cassettes vidéo (au format original de l’enregistrement). Références des Archives de la FEN aux ANMT : fonds audiovisuel 2007 072, inventaire en ligne. Deux des interventions d’Henri Aigueperse, celles sur la MGEN, et sur le SNI après la Libération, sont également consultables à la BNF (vidéo dématérialisée) NUMAV 455 75 et 45189

Enfin, pour des recherches globales sur Henri Aigueperse, en particulier, sur la période où Henri Aigueperse a été secrétaire général, de 1946 à 1952, on peut consulter les archives du SNI qui ont été données aux ANMT. Référence des archives du SNI aux ANMT : fonds 2011 014, répertoire méthodique en ligne.


Commentaires

Navigation

Articles de la rubrique

Brèves

20 mars 2010 - Présentation du Tome 5 du Nouveau Maitron

Café littéraire - Paris, samedi 20 mars Présentation du Tome 5 du Nouveau Maitron au Café (...)