Emile GLAY

lundi 18 mai 2020
par Dalancon
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Voici le texte complet de la conférence de Loïc Le Bars prononcée lors de l’AG de l’Himase 2020

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JPEG - 249.2 ko Une étude qui éclaire de façon complète les origines du syndicalisme enseignant dans le primaire

Emile Glay a joué un rôle déterminant dans la syndicalisation des amicales, apparues à la fin du 19e siècle et au début du 20e, un processus aboutissant à la fondation, en mars 1920, de la Fédération des syndicats d’instituteurs et institutrices (FSI). C’est l’application d’une décision prise lors du congrès de la Fédération des amicales (75 000 adhérents) de septembre 1919. La transformation en syndicat est votée à une très large majorité. Le vote pour l’adhésion de principe à la CGT est nettement plus serré. Glay est alors secrétaire général adjoint de la Fédérations des Amicales depuis 1912, Louis Roussel en étant le président depuis 1911. L’objectif qu’ils s’étaient fixé depuis leur début de leur intervention dans le mouvement amicaliste, en 1903-1904, est enfin réalisé, au moins au niveau statutaire. Roussel devient le secrétaire général de la FSI, Glay le secrétaire général adjoint. Après l’échec des grèves du printemps 1920 et la répression qui s’ensuit, la FSI, pour limiter les poursuites judiciaires, se transforme en Syndicat national des instituteurs et institutrices (SN) en septembre 1920. Glay et Roussel occupent les mêmes fonctions jusqu’en 1932, date de leur retraite. Mais ils sont toujours membres du « vieux » syndicat de la Seine créé en 1905, en même temps que la Fédération nationale des syndicats d’instituteurs et d’institutrices (FNSI) qui avait adhéré à la CGT en 1909. Cette affiliation va constituer un obstacle à l’adhésion du SN à la CGT. Glay, en réalité, est le véritable secrétaire général du SN. André Delmas, après avoir été élu à la commission permanente (CP) du SN, constate en 1926 que Roussel se comporte plus en président qu’en secrétaire général : « La cheville ouvrière du mouvement, c’était Émile Glay. Non seulement on le voyait partout, dans les ministères, au Palais-Bourbon où il conversait avec les parlementaires amis de l’école publique, dans certains journaux parisiens où il écrivait, à la radio encore balbutiante, à la Ligue des droits de l’homme, à la Ligue de l’enseignement. (…) Il parcourait la France pour parler de l’école laïque menacée. (…) Je n’imaginais pas comment un homme pouvait faire face à une besogne si variée ; il devait avoir autour de lui une équipe de collaborateurs aussi compétents que dévoués. C’était une erreur. Il faisait tout lui-même ». Glay est l’appareil du SN à lui tout seul. Il ne devient permanent qu’en 1925. Auparavant, il fait sa classe à l’école, rue de la Guadeloupe, dans le quartier de La Chapelle du XVIIIe arrondissement de Paris, et cela sans aucune décharge. Il est par ailleurs franc-maçon, libre-penseur et exerce des responsabilités dans la Fédération des fonctionnaires. Il a été adhérent et parfois militant du Parti socialiste auquel il a cessé d’appartenir au début des années 1920. Il est aussi l’auteur de deux recueils de textes de français pour les cours élémentaire et moyen et, en collaboration, de deux ouvrages sur les instituteurs et l’école publique. Sa puissance de travail est donc exceptionnelle. C’est un journaliste apprécié et un brillant orateur, aussi bien dans des meetings de plusieurs milliers de personnes qu’à des conférences devant quelques dizaines de personnes. Il possède un indéniable charisme. C’est un meneur d’hommes, comme il le prouve pendant la guerre, et il acquiert une notoriété qui rejaillit sur l’ensemble de la profession. Il est par exemple l’un des deux représentants du « travail intellectuel » au Conseil national économique mis en place en 1925. Personnalité controversée et s’identifiant volontiers au SN, Glay est la cible privilégiée de ses adversaires : journalistes du Temps ou dirigeants de la Fédération des syndicats des membres de l’enseignement laïque (FSMEL). Après la victoire électorale en 1924 du Cartel des gauches, il est confronté au problème de savoir quelle attitude prendre à l’égard d’un gouvernement « ami », incapable de répondre favorablement aux revendications d’une corporation qui a largement contribué à sa venue au pouvoir. Ses propres camarades remettent en cause son action à la tête du SN, jugée trop personnelle et trop timorée, de même que certaines de ses activités extérieures. La fin de son mandat de secrétaire général adjoint est donc pour Glay une période particulièrement difficile, à laquelle est consacrée la dernière partie de cet exposé. Comme on ne peut, en une heure, évoquer tous les aspects d’une vie militante aussi riche, je me bornerai à essayer de montrer en quoi et comment Glay a profondément marqué de son empreinte le syndicalisme enseignant naissant, en particulier sur trois points :
- un syndicalisme partie prenante du mouvement ouvrier organisé dans la CGT,
- la nécessaire réforme de l’enseignement primaire pour répondre aux besoins de la classe ouvrière et le problème de l’école unique,
- la mise en place de la « collaboration » avec l’administration qui débouchera sur le paritarisme instauré après la Seconde Guerre mondiale


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