Servir la classe ouvrière. Sociabilités militantes au PCF

vendredi 15 janvier 2010
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Julian Mischi étudie le PCF dans son ancrage local sur la base d’une enquête menée dans quatre départements (Allier, Isère, Loire-Atlantique, Meurthe-et-Moselle). En croisant documents internes et entretiens, il analyse l’organisation des militants dans les quartiers, les villages et les usines, et leur implication dans les réseaux syndicaux et municipaux. À rebours de l’image monolithique couramment associée au PCF, la mobilisation communiste des classes populaires apparaît alors plurielle.

Servir la classe ouvrièreCe livre de Julian Mischi vient de paraître aux Presses Universitaires de Rennes, coll. Histoire, Rennes, 2010. (344 pages, 19€)

Julian Mischi est docteur en science politique (EHESS), chargé de recherche au département de sciences sociales de l’INRA (CESAER, Dijon). Il enseigne à Sciences-Po Paris et à l’université de Bourgogne.

Le Parti communiste français a été longtemps le premier parti de France. Des années 1930 aux années 1970, sa puissance électorale était considérable et ses militants étaient nombreux, en particulier dans les villes industrielles, mais aussi dans les territoires ruraux. Au nom du communisme, des ouvriers et des paysans se sont rassemblés et se sont engagés dans un monde, celui de la politique, d’où ils sont d’ordinaire exclus. Le PCF a pu apparaître comme le « parti de la classe ouvrière », fort de sa présence au coeur des milieux industriels, où ses militants animaient des cellules tout en s’impliquant dans la vie associative. C’est cette sociabilité communiste que Julian Mischi décrit dans une étude à la fois historique et sociologique, fruit d’une enquête menée dans quatre départements (Allier, Isère, Loire-Atlantique, Meurthe-et-Moselle).

En croisant documents internes et entretiens, ce livre analyse l’organisation des militants communistes dans les quartiers, les villages et les usines, et leur implication dans les réseaux syndicaux et municipaux. Dès lors, à rebours de l’image monolithique qui lui est couramment associée, la mobilisation communiste apparaît plurielle. Sur le terrain, loin de Moscou et de Paris, les dirigeants départementaux doivent en effet composer avec les sociabilités propres aux groupes et aux territoires qu’ils investissent. Suivant des consignes nationales, ils cherchent à politiser l’action des adhérents « de base » qui eux ne vivent pas de la politique et ont une vie hors du parti. Dans les localités et les entreprises, les pratiques militantes sont alimentées tant par des recommandations politiques que par les expériences de la vie quotidienne. L’objectif de cet ouvrage est là : étudier un parti dans son ancrage local pour comprendre le succès passé de la mobilisation communiste des classes populaires.

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