Décès de Yannick Simbron (1938-2008)

mardi 15 avril 2008
par Guy Putfin
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SIMBRON, Yannick, René, Ernest était né le 2 juin 1938 à Nantes (Loire Atlantique). Il est mort le 15 avril 2008 à Nancy (Meurthe et Moselle). Instituteur, il fut secrétaire général de la FEN de 1987 à 1991.

Lire l’article paru dans Le Monde daté du 20 avril 2008

Le père de Yannick Simbron était instituteur, militant socialiste, trésorier de la section du SNI de Loire Inférieure. Il avait passé 5 ans en captivité, en Oflag. Il militait à la Ligue de l’Enseignement, dirigeait une troupe de théâtre amateur et un groupe musical. Quand il mourut, en 1956,Yannick Simbron était élève du lycée Clémenceau à Nantes. Il adhéra aux jeunesses socialistes, puis au parti socialiste. Une fois son bac obtenu, Yannick devint instituteur remplaçant en 1958, et adhéra au SNI. Il fut moniteur puis directeur de colonies de vacances,. Adepte de l’éducation populaire, il fut instructeur, puis chef de stages aux CEMEA (centre d’entraînement aux méthodes d’éducation active).

Il fut élu au conseil syndical de la section SNI de Loire Atlantique en 1967. En mai 1968, quand le secrétaire départemental du SNI, René Mouchet, démissionna, Yannick Simbron le remplaça. Il devint secrétaire départemental de la FEN de Loire Atlantique de 1969 à 1973. Il fut élu au bureau national du SNI en mars 1970 sur la liste du secrétaire général. Il devint membre du secrétariat national du SNI en septembre 1974. Il fut chargé successivement de l’enfance handicapée, puis de l’organisation interne, puis des revendications. Il fut un des négociateurs du plan de revalorisation des instituteurs en 1984.

Il fut membre suppléant de la Commission administrative de la FEN, au titre du SNI, à partir de novembre 1973, puis titulaire à partir de février 1976. Au congrès FEN d’Avignon, il devint membre de l’Exécutif fédéral. En 1984, il devint secrétaire national de la FEN, chargé du secteur économique, et siégea au Conseil économique et social de 1984 à 1989.

Au départ de Jacques Pommatau, en septembre 1987, il devint secrétaire général de la FEN.

Au congrès FEN de La Rochelle, en 1988, il porta le projet de l’École de l’an 2000, qui alliait des propositions qualitatives, résumées dans le slogan « travailler autrement », et quantitatives, avec la revalorisation des fonctions des personnels et l’unification des statuts des enseignants.

Il négocia la revalorisation des enseignants, (accord Jospin de 1989) et la réforme de la grille de la Fonction publique (accord Durafour de février 1990).

Partisan d’une recomposition syndicale, il lança dans la presse nationale, en janvier 1990, un appel aux responsables des organisations syndicales françaises pour débattre ensemble de l’avenir du syndicalisme. Ce fut aussi le thème du congrès de Clermont Ferrand en 1991, avec le slogan « changer ou mourir ». Yannick Simbron prônait un syndicalisme qui ne soit pas uniquement la caisse de résonance des diverses revendications. Au congrès de Clermont Ferrand, une motion intitulée “Autrement” proposée par le SNETAA (syndicat de l’enseignement technique) avait rassemblé tous les courants de pensée opposés à la majorité fédérale UID (unité, indépendance et démocratie). Yannick Simbron pensait qu’après la chute du mur de Berlin et les évolutions en cours dans les pays de l’Est et en URSS, le communisme international allait perdre ses références et son pouvoir d’attraction, et que le courant Unité et Action de la FEN, dirigé par des militants communistes, serait contraint à évoluer.

En désaccord avec l’Exécutif fédéral, notamment sur l’attitude à adopter vis-à-vis des syndicats de la FEN dirigés par la tendance Unité et action, il fut contraint à démissionner le 10 juin 1991. Guy le Néouannic le remplaça à la tête de la FEN.

Il avait été membre du CEGT (conseil de l’enseignement général et technique), du CSEN (conseil supérieur de l’Éducation nationale), et du CSFP (conseil supérieur de la Fonction publique).

Yannick Simbron fut ensuite nommé directeur du Bureau international du travail (BIT) à Paris, fonction qu’il exerça de 1991 à janvier 1998. Il prit ensuite sa retraite administrative. Il fut président du comité français pour la marche Mondiale contre le travail des enfants, et président du GREF, groupement des retraités éducateurs sans frontières.

Il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur le 8 avril 1998.

Marié, puis divorcé, il avait trois enfants, une fille et deux garçons.

Après des problèmes cardiaques, dont il s’était remis, et il mourut d’une hémorragie cérébrale.

Guy Putfin


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